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Si la hausse des prix des produits alimentaires a été modérée jusque-ici, ceux-ci ont, en France comme dans la plupart des pays européens, fortement augmenté à partir de la fin de l’année de 2007 (voir graphique ci-dessus). Le poids des produits alimentaires dans l'indice des prix à la consommation (IPC) est également devenu plus important ces dernières années – ceci est particulièrement vrai pour les viandes et les produits transformés – alors que, de 2002 à 2005, leurs prix contribuaient négativement à l’inflation. Leur poids dans l’IPC est en outre plus important en France qu’en Allemagne et qu’au Royaume-Uni (voir tableau ci-dessus).
Ceci pourrait en partie expliquer que les consommateurs français ressentent davantage la hausse des prix alimentaires que les consommateurs allemands.
Pour quelles raisons ?
![]() Le marché d'intérêt national de Rungis (Val-de-Marne), secteur des fruits et légumes. Photo : Jean-Pierre Vallorani © La Documentation française |
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La forte progression des prix à la consommation en partie due à la hausse des prix pétroliers qui augmente le coût du transport des marchandises. Mais elle s’explique néanmoins principalement par le renchérissement des prix des matières premières agricoles. En effet, les prix de production du blé tendre, des oléagineux et du lait en France ont progressé respectivement de 72,6 %, 64,3 % et 21,4 % en 2007. L’envolée des prix des céréales et des oléagineux a de surcroît fait grimper le coût des aliments pour animaux (+ 23,3 % en 2007).
En répercutant ces hausses au niveau des prix de vente à la distribution, les industries agro-alimentaires participent également à l’augmentation des prix des biens intermédiaires et par-delà à celle des prix à la consommation. D’autant que 34 % des consommations intermédiaires sont des produits issus de la branche agricole.
Le hard discount est-il également concerné ?
La réforme de la grande distribution proposée par le projet de loi de modernisation de l’économie en 2008 vise à accroître la concurrence par les prix entre distributeurs, et pourrait favoriser les enseignes de la distribution low cost. La part du hard discount n’a, il est vrai, pas cessé d’augmenter depuis 2001. 13,2 % des ménages français achètent désormais dans ces enseignes, même si celle-ci est plus importante dans d’autres pays européens comme en Allemagne. Les hypermarchés et les supermarchés ont en outre vu leurs volumes de vente diminuer entre janvier et mars 2008, pour la première fois depuis 2001. Ceux-ci ont baissé de 0,2 % en janvier, de 0,5 % en février et de 0,9 % en mars, alors que jusqu’en 2007, ils avaient augmenté de 1,5 % en moyenne chaque année.
![]() © Problèmes économiques n° 2.949 « Inflation et grande distribution », juin 2008. |
Il semble ainsi que l’inflation des biens alimentaires et l’accroissement de la concurrence par les prix incitent, au moins à court terme, les consommateurs à modifier leurs comportements d’achat en faveur des hard discounters. Mais les prix proposés dans ces magasins ont crû davantage par rapport à ceux des hypermarchés et supermarchés : 0,31 point de plus pour les premiers entre février 2006 et février 2007 (voir graphique ci-contre) et de 3,7 points de plus entre juin 2004 et février 2008. Les hard discounters ne sont donc pas épargnés par l’inflation. Une fois intégrée par les consommateurs – et si l’augmentation des prix dans le hard discount se poursuit à ce rythme –, cette information risquerait alors, à plus long terme, de jouer en faveur des enseignes classiques...